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Vous connaissez la blague : «
êtes-vous le dernier des
Mohicans ? », réponse : « non,
je suis l’avant-dernier, le
dernier est mort hier !! ».
Ainsi, GENERAL DU POMMEAU
pourrait bien être le dernier
des Grands du trot français
capable de gagner de 2 à 10 ans
au meilleur niveau. Bien que ce
trot en perpétuelle évolution ne
semble plus fidèle qu’à deux
constances : la règle du plus
jeune qui est toujours le plus
fort, et l’exception qui
confirme la règle : soit JAG DE
BELLOUET en cet hiver 2004-2005
à Vincennes.
Le plus jeune des deux chevaux
qui sortent vraiment du lot
parmi les ténors du trot
français, c’est KESACO PHEDO.
Mais voilà, le cheval élevé par
Pierre Touvais et surtout
célèbre pour avoir été l’objet
de la plus haute enchère du trot
à 3'000'000 d’euros, s’est
montré incapable d’une
performance tout au long des 3
premières épreuves préparatoires
au Prix d’Amérique 2005. Il a
même fini son parcours du Prix
de Bourgogne, le 2 janvier, dans
une très vilaine action.
Après le départ tardif de KIWI
pour le haras, et les ennuis de
santé de KESACO PHEDO, on serait
tenté de regarder parmi les
générations successives, si ce
n’était que JAG DE BELLOUET, à
huit ans, caracole en tête de
toutes ces préparatoires , et
ce, signant une onzième victoire
consécutive avant son dilemme. :
courir directement le Prix
d’Amérique, ou en écoeurer
encore quelques-uns dans
l’épreuve reine du trot monté,
le Prix de Cornulier.
Qui pourrait bien l’arrêter ?
C’est un cheval au moral tout
neuf, qui creuse un abîme entre
lui-même et ses poursuivants
moins âgés que lui mais déjà
usés par de terribles combats au
sommet de la hiérarchie du trot
international -(il existe encore
sur nos hippodromes des
survivants de l’ère VARENNE).
…et toute la France se reconnaît dans ce sympathique clan de vainqueurs, des professionnels du trot respectés et très aimés pour leur simplicité. De Jean-Claude Monthéan, l’éleveur, à Christophe Gallier, le driver, en passant par Michel Gallier, le propriétaire qui insistait justement, peu après l’arrivée du Prix du Bourbonnais, devant les caméras d’Equidia sur l’importance « de ne pas se laisser monter la tête, ne jamais courir sur le mal » quand on veut garantir à son cheval une longue carrière, tous ces acteurs bien sympathiques du trot français sont entrés dans les cœurs des turfistes en France, et même au-delà, de tous les amis du trot en Europe. Car JAG DE BELLOUET court lui aussi avec son cœur, de tout son cœur, sans jamais se défiler. Il relève tous les défis contre les meilleurs des deux spécialités : monté et attelé. C’est cela même qui touche le plus le grand public.
Les turfistes, incluant dans leur groupe les simples spectateurs, veulent des vedettes qui durent dans le temps, mais surtout qui soient égales à elles-mêmes. Cette saison 2004-2005 à Vincennes restera pourtant dans les esprits de ceux qui observent aussi ce qui se passe dans les coulisses, comme l’hiver des désillusions, et peut-être d’un tournant dangereux que l’avénement d’ Abano AS avait annoncé. En effet, la piste est clairsemée de « grands champions » qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Un jour, ils gagnent en 1’10’’, un autre jour ils ne se placent même pas en 1’14’’. Ils courent ferrés ou déferrés, avec les œillères ou sans, avec une barre fixe ou le dernier gadget à la mode, mais ceux qui usent et abusent de ces artifices ne durent pas longtemps. L’effet de la surprise ne marche qu’une ou deux fois sur des organismes épuisés et des mentalités désabusées. Pendant ce temps, JAG DE BELLOUET ne trotte pas, lui il vole !!!