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Horses of the World : Comment recrutez-vous vos chevaux en général ?
-Markus Fuchs : Surtout sur indications damis ou de courtiers qui me donnent des renseignements précis sur des chevaux intéressants. En fait, je mappuie sur des personnes de confiance avant dentreprendre de longs voyages pour voir un cheval, en Hollande ou au Nord de l Allemagne, par exemple.
-Vous achetez plutôt de jeunes chevaux que vous formez vous-même, ou préférez-vous des chevaux confirmés en compétition ?
-Pendant de nombreuses années, jai acheté dans ces deux catégories que vous citez. Mais aujourdhui, jai la chance davoir une situation des plus agréables, avec dexcellents propriétaires comme Madame Liebherr et Monsieur Juri qui sont depuis plusieurs années avec moi et qui mettent volontiers à disposition des sommes importantes pour lachat dun cheval de haut niveau. Bien sûr, cela me facilite la tâche ! Cest plus facile de se maintenir au top de cette façon ! Tandis que si le recrutement des chevaux de mon écurie reposait uniquement sur de jeunes chevaux de quatre ou cinq ans, il faudrait en avoir une dizaine en permanence au travail pour espérer en sortir un au niveau « S », et les chevaux de Grand Prix sont encore beaucoup plus rares !Cest pourquoi mes propriétaires préfèrent que je me décide pour un cheval déjà confirmé à un bon niveau et laissant entrevoir une ascencion au niveau Grand Prix à court terme.
-Cela vous arrive de vendre vos chevaux ?
-Oui, cela marrive. Jai même vendu de très bons chevaux ! Mais naturellement, mes sponsors et moi-même ne sommes pas très vendeurs de nos meilleurs chevaux car nous souhaitons rester compétitifs dans le sport. Ceci dit, il marrive davoir un cheval en association avec un ami, et parfois nous décidons de réaliser une affaire en le vendant.
-A partir de quel âge ou de quel résultat peut-on dire dun cheval quil va atteindre la valeur « Grand Prix » ?
-Il faut le sentir quand le cheval a 6 ou 7 ans. Il faut ensuite bien lentraîner sans pour autant le décourager par des tâches trop dures. LA TOYA, par exemple, est une jument qui avait montré beaucoup de qualité dans son année de six-ans, ce qui a permis à son propriétaire dobtenir une offre quatre fois supérieure à ce quil avait payé pour la jument. Par la suite, à 7 et 8 ans, nous ne lavons pas trop forcée, malgré lobtention de résultats excellents au Canada et des classements de pointe dans des Derbies.
-Est-ce que cela arrive que des cinq-ans fassent croire quils resteront toute leur vie des « mauvais » et que par la suite ils se déclarent comme des « tout bons » ?
-Je ne pense pas comme des « tout bons », mais cela arrive quentre 4 et 6 ans un cheval soit peu affirmé dans son caractère, un peu « timide » dans lexpression de ses moyens, et cest là que compte beaucoup le travail du cavalier. Il faut que celui-ci croie en son cheval, persévère, et tout-à-coup le cheval saméliorera. Mais je ne crois pas quun cheval « moyen » à 5 ou 6 ans puisse devenir un jour un crack.
-En fait, le « crack », on le reconnaît dès le début de son dressage ?....
-Oui, je le pense.
-Un cheval comme TINKAS BOY, un crack, qua-t-il de plus que les autres ?
-Il a dénormes moyens malgré sa petite taille : il ne mesure que 162-163cm au garrot. Il a un très grand cur. Mais ce qui métonne le plus, cest sa souplesse : à quinze ans cette année, il a lallure et la souplesse dun cheval de cinq ou six ans. (Touchons du bois)
.cest un cheval dur comme un roc !! En piste, il trouve toujours des motivations pour se surpasser. Il a tant datouts pour lui !
-TINKAS BOY naurait pas forcément été avantagé par une taille plus élevée de quelques centimètres ?
-La taille na rien à voir avec la qualité. Voyez ATLANTUS , le cheval de Lars Nieberg : il mesure 158cm. A lépoque, JAPPELOUP nétait pas grand non plus.
-Au niveau du pedigree, maintenant ?
-TINKAS BOY est un Hollandais aux origines tout-à-fait ordinaires. Je ne crois pas trop aux origines des chevaux de saut. Les aptitudes physiques et mentales du cheval pour devenir un champion en CSI ne sont pas lapanage dune race ou dun courant de sang. A mon avis, un crack a autant de chance de naître dans des élevages hollandais que belge, irlandais ou allemands.
-Peut-on dire quune race domine le jumping aujourdhui, comme ce fut le cas par exemple des Irlandais il y a une trentaine dannées ?
-Non. Les Irlandais ont beaucoup perdu de leur suprématie. Les Hollandais, eux, réussissent bien si on pense quils ne sont quun petit élevage comparé aux Allemands qui peuvent compter sur 40'000 juments de sport !!...
-Lécurie Ahorn, comment est-elle née ?
-Cest ma famille qui a acheté cette propriété il y a 25 ans. Et il y a une vingtaine dannées que nous avons choisi un gérant pour reprendre lécole déquitation qui se trouve sur le site. Le gérant à qui nous avons confié cette activité veille notamment sur une soixantaine de chevaux (une partie pour lécole, une partie étant des chevaux de pension).
-Quels sont vos principaux collaborateurs sur le site ?
-La fille du grand cycliste Beat Frei , Denise, est apprentie chez moi depuis trois ans. Elle finira donc son apprentissage en août 2004. Et puis,mon garçon de voyage, Marian, accompagne mes chevaux sur les terrains de concours. Markus Heim travaille lui aussi pour moi lorsque je fais appel à lui. Cest à peu près tout en ce qui concerne mes plus proches collaborateurs, car jai redimensionné mon écurie ces dernières années. Je préfère concentrer mes efforts sur un petit nombre de chevaux de haut niveau. Ceci dit, je suis quand même à la recherche dun collaborateur pour remplacer un écuyer qui a arrêté à la fin de lannée 2003.
-Donnez-vous des leçons de saut ?
-Très peu, car je nai pas assez de temps pour cela. Je le fais surtout pour des clients de longue date, par amitié et pour que le travail avec les chevaux que je leur ai vendus se passe le mieux possible. Pour ce qui est de donner des stages
jattends un peu
-(sourire)- cela ira quand je serai en pré-retraite
!!
-Vous avez deux fils ?
-Oui, lun a 21 ans , et lautre aura 17 ans prochaînement. Ils ne sont pas du tout passionnés par léquitation. Je ne les ai donc pas incités à suivre mes traces. Je les ai toujours laissés libres de leurs choix et je nétais disposé à les aider dans le sport hippique que sils avaient montré un goût prononcé pour léquitation. Ils ont sans doute soupesé les avantages et les inconvénients : voyant que leur père était très peu à la maison